Edouard Goerg

(Français 1893-1969)
Autoportrait, mai 63. Edouard Goerg. Huile sur toile signée en bas à gauche, contresignée et datée au dos. 81 x 65 cm

Edouard Goerg est un artiste peintre, lithographe, graveur et illustrateur français né à Sydney en 1893. 

Une assise artistique et personelle féconde
 

Edouard Goerg est issu d’une famille de producteurs et négociants en vins de champagne (les champagnes Irroy). Il passe sa petite enfance à Londres avant de poursuivre ses études secondaires à Paris. Contre la volonté de son père, il choisit la carrière de peintre et se forme dans l’académie libre Ranson (1912). Il a pour enseignants Maurice Denis et Paul Sérusier. Des voyages d’études en Italie puis aux Indes élargissent son inspiration artistique. Mais le premier conflit mondial, où il se bat dans les Ardennes puis dans l’armée d’Orient vient modifier profondément sa personnalité.

 

L'expressionnisme combattant

Après les combats éprouvants de la guerre de 1914-1918, Edouard Goerg se trouve dans un état d’esprit de révolte et de désespoir. A l’instar des peintres allemands tels que Grosz et Otto Dix, il utilise sa peinture pour exprimer son indignation contre la société. Ses sujets sont secondés par un style puissant, avec beaucoup de matière picturale et un trait acéré. Il expose au Salon des Indépendants (1920), au Salon d’Automne (1922) et enchaine les expositions personnelles à Paris, Bruxelles et aux USA. En 1929, la galerie Georges Bernheim lui consacre une exposition avec un catalogue de Waldemar George

Le surréalisme fantastique

 

En 1934, Goerg change radicalement de style. Il trouve une autre manière d’exprimer  son écœurement face à l’évolution politique et sociale en Europe. Ses tableaux prennent une allure fantastique, nourris d'allusions et d'allégories. Il expose en 1935 ses nouvelles œuvres chez Jeanne Castel et, de plus en plus militant, fait partie de l’AEAR, l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires.

Les femmes fleurs cathartiques

La défaite de 1939, plus encore que ne le fit la montée du nazisme,  produisit sur sa peinture un effet  subversif, mais dans une direction radicalement différente de ses précédents engagement. Goerg peuple ses toiles de femmes fleurs, adopte une palette aux teintes résolument optimistes, comme des défis aux horreurs de la guerre et des absolutismes. Il décide d’exposer envers et contre tout et signe dès 1940 un contrat  avec la Galerie Drouant. En 1942, son marchand lui consacre une importante exposition personnelle. Parallèllement, il participe à la résisatnce communiste contre l'occupant en dirigeant le Front national des arts, avec André Fougeron et Édouard Pignon.

 

La synthèse douce-amère

La Libération se confond pour lui avec un drame personnel, le décès de son épouse en 1944, qui le plonge dans une profonde dépression. Il s’oriente de plus en plus vers la gravure, qu’il enseigne à partir de 1946 à L’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris.
En 1947, après son second mariage, il se met à construire une œuvre picturale d’où disparaît toute revendication sociale, aux sujets optimistes et légers. Ses lithographies contribuent à diffuser son style et à établir sa notoriété auprès du grand public.
Il s’installe dans le Var en 1957 et quitte Paris en 1960

Il meurt en 1969, à Caillan de manière qui reste inexpliquée, comme resta inexpliquée celle de Franz Priking. Après son décès, ses écrits, Mémoires et journaux ne sont pas retrouvés.

La tombe d'Edouard Goerg se trouve dans le parc du château du Pradon Sainte-Rose.

Une cote très mobile

Comme pour Jean-Gabriel Domergue, la cote de Goerg dépend beaucoup du goût de ses acheteurs pour telle ou telle de ses manières . Certes, ses œuvres mignonnes et souriantes des dernières années séduisent pour leur gaité mais la peinture âpre et vengeresse de l’entre-deux guerre trouve aussi son public passionné. Ce sont des groupes bien distincts de collectionneurs qui se disputent qui son œuvre gravé, qui ses toiles expressionnistes, qui ses travaux surréalistes. Cette fragmentation produit parfois des résultats d’enchères en dent de scie, si la publicité faite par les maisons de ventes a mal identifié sa cible.

Mais cela importe-t-il vraiment ?
Ce qui est essentiel, c’est que l’œuvre de Goerg ne laisse personne indifférent, ce qui est le signe de l’art authentique.

Pour en savoir plus : Le site de l’artiste

 

 

Autoportrait, mai 63©BARON RIBEYRE & Associés