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Le Dualisme. Composition
Signé au crayon, contresigné, daté et titré. Justifié 1/1.
Dans un carré brun traité en électrographie, l'artiste a conçu plusieurs formes ovoïdes qu'il a rempli de signes et de zébrures. Il a surmonté sa composition d'un rectangle où un insecte noir sort d'une ellipse dorée. Cette œuvre est présentée en accrochage avec La main / Bras sur la table, une huile sur toile de Michèle Battut.
Cette œuvre unique de Joseph Kadar est constituée d'un collage de deux électrographies.
Elle s’organise autour d’une structure très construite. Dans la partie basse, un grand champ carré, brun, est occupé par des formes ovoïdes de différentes tailles et de différentes textures, qui reposent sur des lignes droites. Tout y parle minéralité. Dans la partie supérieure, un rectangle, dont le petit côté est égal au tiers du côté du carré, fait apparaître un insecte noir rampant sur une ellipse dorée.
Le carré principal concentre l’essentiel de l’activité plastique. Les formes ovoïdes y sont réparties sans symétrie, de façon à produire un ensemble stable mais non figé. Chacune de ces unités contient son propre traitement interne : zébrures, graphismes, ponctuations, illusions d'idéogrammes. Le rectangle supérieur introduit un champ plus isolé, à la force signalétique. Par son insecte, l'artiste introduit un élément biologique, tandis que les formes ovoïdes sont interrompues et transformées.
La palette est volontairement restreinte. L'électrographie utilisée par Kadar lui permet de produire des teintes vibrantes, à la fois contrastées et fondues. Le brun dominant installe une base minérale qui a orbe et relie les éléments. Le noir des tracés et de l’insecte vient renforcer les contrastes.
L’ellipse dorée joue un rôle décisif. Elle capte le regard, et donne à la confrontation du vivant et du minéral une force symbolique.
La force de l’œuvre tient à la coexistence de nombreuses oppositions et correspondances. Les ovoïdes évoquent des fossiles, des galets, mais aussi des graines, voire des œufs, sans jamais se fixer dans une seule interprétation. Les contenus internes font penser à des écritures, à des relevés ou à des empreintes.
L’insecte, au sommet, introduit une forme vivante. Il apparaît comme une figure de passage : passage entre le signe et la forme, entre la minéralité et l'organique.
Joseph Kadar utilise les caractéristiques techniques offertes par le télécopieur pour donner à sa pensée une vie plus intense que n'aurait pu rendre le tracé d'un pinceau. Il en résulte une œuvre qui exprime avec clarté le principe de dualité traversant son travail, tout en affirmant sa singularité grâce à la couleur, les matières et les motifs.