Joseph Kadar
Joseph Kadar (József Kádár) est un artiste peintre, graphiste, sculpteur, photographe, collectionneur et fondateur de musée hongrois né à Debrecen le 25 juillet 1936. Il a adopté pour certaines de ses oeuvres le pseudonyme de Le K’dar.
Les premières années
Joseph Kadar passe son enfance et son adolescence à Hajdúszoboszló entre 1939 et 1954. De 1956 à 1961, il étudie à l’Académie hongroise des Beaux-Arts auprès de Aurél Bernáth et Géza Fónyi.
L’omnipotence du réalisme socialiste l’oblige à s’exprimer alors dans une veine expressive et figurative. Sa première exposition personnelle a lieu en 1963 à l’université Lajos Kossuth de Debrecen, suivie en 1965 d’une exposition au musée Bocskai István de Hajdúszoboszló.
Avide de liberté créatrice, il décide alors de quitter son pays pour aller créer en Occident.
Les nouvelles inspirations
En 1969, Joseph Kadar quitte la Hongrie et s’installe à Paris. Ses premiers temps parisiens sont nourri par le surréalisme, le constructivisme et les nouvelles formes d’abstraction. La même année, il réalise ses premiers travaux de mail art ainsi que ses premiers livres-objets, amorçant une extension de sa pratique au-delà de la peinture de chevalet.
Les années 1970 marquent une affirmation rapide de sa notoriété. Il expose à la Galerie Custin, Paris (1970), à la Galerie Chéridan, Paris (1971), à la Gallery C, Los Angeles (1972), puis à Amsterdam et à Césarée en 1973.
Le Dualisme
C’est en 1973 que l’artiste situe l'introduction dans son inspiration du Dualisme, élément fondateur auquel se rattachera une part importante de sa création artistique. Cette recherche se développe parallèlement à une activité d’exposition soutenue, notamment à la Galerie Marcel-Lenoir à Paris en 1978, 1979, 1983, 1984 et 1985.
Dans ses œuvres, le dualisme peut prendre des formes multiples : dialogue entre deux images, entre deux styles, entre deux temporalités de création, entre abstraction et figuration, entre présence humaine et présence animale.
Cette orientation donne à son travail une intensité marquante, fondée sur l’assemblage, la confrontation et l’équilibre de forces distinctes.
Photographie, mail-art et horizontalisme
À partir de 1979, Joseph Kadar s’engage dans la photographie d’art. Ses séries de photographies et de photogrammes puisent dans ses voyages en Israël, en Inde, en Italie, en Grèce et en Espagne. Ces travaux reçoivent l’attention du photographe Lucien Hervé, qui en reconnaît la force.
En 1984, il débute une nouvelle phase de son travail, qu’il nomme Horizontalisme.
Kadar est aussi actif dans les cercles artistiques de l’avant-garde hongroise à Paris. Il participe à Art hongrois, Galerie Isis, Paris (1975), à Groupe 19, American Center, Paris (1976), à la FIAC de Lyon (1977), à la grande exposition des artistes hongrois vivant à l’étranger au Műcsarnok de Budapest (1982),
Il est présent aux Biennales internationales de graphisme à partir de 1991, aux Biennales internationales d’Art Électro-Images à partir de 1992,
Ses interventions dans le mail-art sont reconnues à travers l’exposition Mail Art, Post Mail Art à l’Institut hongrois de Paris (1994), ainsi que dans les premières biennales internationales consacrées au mail art et aux livres-objets.
Il publie ou dirige plusieurs revues, parmi lesquelles Revue d’Art (à partir de 1984), Parisiens Hongrois (à partir de 1984), Revue Enveloppe (à partir de 1992, à Paris).
Copy Art et électrographie
Dès le début des années 1980, Kadar commence à expérimenter l’électrographie. Il utilise la photocopieuse comme outil de création, retravaillant photographies, collages et effets de transformation mécanique.
En 1985, il abandonne la peinture pour approfondir exclusivement les possibilités du copy art et de l’électrographie assistée par ordinateur, en noir et blanc comme en couleur.
Il développe également des procédés rares, parmi lesquels des formes d’électrographie en relief tridimensionnel. Cette orientation fait de lui l’un des artistes importants de l’exploration des technologies modernes de reproduction dans le champ de l’art.
Respirer en Hongrie
À partir de 1990, Joseph Kadar revient régulièrement en Hongrie, et est très actif dans le renforcement des liens artistiques entre l’Occident et la Hongrie. Il expose à la Maison hongroise de Berlin (1994), et au siège de l’UNESCO à Paris (1995)
Son activité artistique, éditoriale et institutionnelle prend une ampleur nouvelle. Il est un des artistes les plus importants à faire découvrir l’art contemporain et ses avancées en Hongrie.
Il fonde en 1991 le groupe A-Z, destiné aux artistes travaillant avec les nouveaux médias électroniques, et donne une impulsion décisive à la création de l'exposition de leurs travaux, Art Électro-Images.
Il présente Art Électro-Images (1982-1992) au musée Vasarely en 1992.
En 1994 une synthèse de ses vingt-cinq années parisiennes, est présentée au musée Vasarely. En 1995, il expose Art Électro-Images à la Szoboszlói Kisgaléria de Hajdúszoboszló et Du pinceau à l’ordinateur à Szombathely.
Suivent Photo et photogramme au musée Xantus János de Győr en 1996, des expositions autour du collage et du livre-objet en 1997, puis Collage et Horizontalisme à Szeged et Győr en 1998, certaines avec Judith Nem, ainsi que Electro Graphics (à partir de 1992, à Budapest).
Il contribue à l’organisation de biennales à Budapest, Berlin, Séoul, Szombathely et Hajdúszoboszló,
Les dernières années
Installé à nouveau à Hajdúszoboszló durant les dernières années de sa vie, Joseph Kadar y crée un musée d’art moderne où il présente également sa collection d'art. A Paris, Kadar s'était lié d'amitié avec Victor Vasarely, George Braque, Ingo Glass, Le Corbusier, Chagall and Picasso et avait collectionné leurs oeuvres.
Il poursuit son travail jusqu’à sa disparition le 25 janvier 2019.
Selon sa volonté, son œuvre est aujourd’hui conservée et gérée par le musée Bocskai István.
Parmi les distinctions qui ont salué son parcours figurent le titre de citoyen d’honneur d’Álmosd (2000), la Croix d’or du Mérite hongrois (2013), le prix d’honneur de l’Association nationale des artistes hongrois (2016) et, à titre posthume, le titre de citoyen d’honneur de Hajdúszoboszló (2020).