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Carrés bleu et bordeaux
Signé des initiales et daté au revers
Un carré bleu turquoise occupe le centre de la composition, encadré par deux champs bordeaux et traversé par une succession de bandes horizontales aux couleurs chaudes.
L'oeuvre a été conçue par le peintre pour n'être pas encadrée. Elle est présentée en accrochage avec Le cadavre de Pier Paolo Pasolini, une oeuvre de la peintre allemande expressionniste Martha Kuhn-Weber.
Mark Stuart construit cette œuvre à partir d’un répertoire volontairement réduit : le carré, le rectangle et la bande.
La peinture repose sur un équilibre étroit entre stabilité géométrique et irrégularité picturale. Les rectangles latéraux encadrent le carré bleu selon un principe proche de la symétrie. Leurs dimensions, leurs contours et leurs densités colorées présentent pourtant de légères différences. Les limites s’effrangent, elles laissent apparaître des couleurs sous-jacentes et conservent les traces du pinceau. La géométrie perd ainsi sa rigueur mécanique.
La couleur constitue le véritable principe d’organisation de l’œuvre. Le bleu turquoise, froid et lumineux, se détache fortement des deux plages bordeaux qui l’entourent. Les bandes orangées établissent une continuité entre les différentes parties du panneau. Leur chaleur répond au rouge sombre des rectangles et accentue, par contraste, l’éclat du bleu.
Les fines lisières multicolores révèlent les étapes successives de l’exécution et donnent aux formes l’apparence de plaques superposées. La surface conserve par endroits des griffures, des ponctuations, des transparences et de menus accidents. Ces traces enrichissent les aplats et inscrivent le temps du travail dans la peinture.